Les Flamants Roses - Résumé

Les Flamants Roses - Résumé
Bylitis, Axel et Loris.
Trois êtres humains. Trois enfants qui ont grandi. Trois meilleurs amis du monde.
De la maternité à l'Université, liés comme les doigts de la main.
Maintenant, la vie des adultes. Bylitis et Axel, qui l'eût cru ? Les gens changent.
Ils s'aiment comme des fous.
Loris est parti, loin en Afrique.
Bylitis et Axel sont restés, fidèles à la France.
Mais ils se sont retrouvés, pour le meilleur et pour le pire.
Et ce jour là, tout a basculé.

# Posté le mercredi 25 mars 2009 11:18

Modifié le mardi 23 juin 2009 11:59

CHAPITRE 1La première partie de la vie se passe à désirer la seconde ; la seconde à regretter la première.

CHAPITRE 1La première partie de la vie se passe à désirer la seconde ; la seconde à regretter la première.
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FLASHBACK - 09 août 1982


___ La tension était à son comble dans la salle. L'assistance retenait son souffle, les yeux écarquillés, tandis que la jeune femme gémissait. Elle sentait le chemin sinueux que parcourait la sueur sur sa peau, gouttes après gouttes. Elle hoquetait, sa respiration était irrégulière et ses tempes se crispaient sous l'effort. L'homme qu'elle aimait, celui qu'elle aurait voulu avoir à ses côtés en un tel moment, était malheureusement absent. Il n'a pas pu arriver à temps, comprit-elle. Soudain, elle sentit que c'était le moment. Elle avait les membres si engourdis que ce n'était pas une sensation physique qui lui avait donné le signal, et ce n'était pas non plus l'injonction de l'homme penché sur son bassin qui l'avait avertie. Non, c'était beaucoup plus subtil, cela relevait sûrement d'une sorte d'intuition. Et, suivant cette intuition, elle prit une grande inspiration et contracta de toute ses forces ses muscles en poussant un cri -un cri de victoire, peut-être. Auparavant appuyée sur ses coudes endoloris, elle se laissa enfin retomber sur sa couche, essoufflée et inquiète. Elle n'attendait qu'une seule chose pour céder à une vague de bonheur, mais cette chose ne venait pas. Le temps semblait s'être arrêté, chaque mouvement était suspendu, l'angoisse se reflétait sur tous les visages. Quand les braillements stridents retentirent enfin, le soulagement envahit la pièce, et on s'autorisa de nouveau à respirer. La jeune femme laissa couler des larmes de joie et réclama le petit être contre elle. Quand le médecin déposa le nouveau né contre sa poitrine, elle l'enveloppa délicatement de ses bras et déposa d'innombrables petits baisers sur le crâne sanglant. Puis la porte s'ouvrit, et on laissa entrer un homme essoufflé et paniqué, qui cherchait son épouse des yeux. Quand son regard se posa sur elle et sur le corps minuscule, il laissa échapper son bonheur en criant et en gesticulant, embrassant sa femme et son fils et serrant le médecin dans ses bras, tant et si bien que le personnel de l'hôpital le força à quitter la pièce.
Le médecin-gynécologue fit toutes les mesures nécessaires postnatales puis sortit de la pièce, satisfait. Cet accouchement avait était le deuxième dont il s'était chargé cette semaine, mais heureusement, il s'était mieux déroulé que le précédent, où le bébé avait présenté ses pieds au lieu de la tête.
Christine serrait son bébé contre elle, son troisième enfant, dans un état de plénitude absolue tandis qu'on la ramenait dans sa chambre d'hôpital, où une autre jeune maman dormait paisiblement. Celle ci avait accouché trois jours auparavant, d'un petit garçon elle aussi, qu'elle avait nommé Loris. Christine jeta un coup d'½il à l'horloge livide fixée au mur, qui lui indiqua qu'on avoisinait les deux heures du matin. Cette révélation sembla l'accabler de fatigue, et le sommeil vint la chercher en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Jean déposa consciencieusement l'enfant dans la pouponnière puis s'installa dans un fauteuil tout près du lit de sa femme et veilla sur elle jusqu'à s'endormir à son tour.
___ Le lendemain, ils choisirent de nommer leur enfant Axel.



21 juillet 2009



___ Je contemplais la chaise vide en face de moi avec une impression très déconcertante de contradiction. J'étais en état de hébétude et d'euphorie tout à la fois. J'avais ressenti une onde de choc dans ma poitrine et mon c½ur avait loupé un battement, mais à présent, il battait avec frénésie. Je sentais mon pouls cogner contre mes tempes, et une immense marée de joie me submergea de la pointe des orteils jusqu'à la racine de mes cheveux.
___ J'ignore combien de temps je suis restée figée ainsi sur cette chaise en bois, sonnée, le téléphone fixe que j'avais laissé choir à mes pieds ; peut être quelques minutes, ou bien même une bonne heure. Quoi qu'il en soit, quand Axel rentra de son travail, il ne lui suffit que d'un seul regard sur mon visage pour deviner qu'il s'était passé quelque chose. Tout en accrochant sa veste au porte manteau du hall, il me demanda ce que je foutais, plantée sur cette chaise comme une ahurie. Je me levai lentement, ne pouvant m'empêcher d'arborer un sourire béat, et déclarai d'un souffle :
_ - Il est rentré...
Je constatai dans son regard qu'il avait compris. En quelques fractions de secondes, son visage s'illumina, un rire hésitant secoua sa poitrine et les fossettes que j'aimais tant se creusèrent sur ses joues rasées de près. Il se mit alors à hurler dans toute la maison en s'agitant comme un zouave :
_ - Il est rentré ! Mon frère est de retour ! Je vais le voir, je vais lui parler... Après tout ce temps !
Je me penchai pour ramasser le combiné qui gisait sur le sol du salon tout en lui faisant remarquer qu'à l'heure qu'il était, Loris devait surement déballer ses bagages et se réinstaller quelque part. J'ajoutai qu'on devrai le laisser tranquille jusqu'à ce qu'il soit disponible. Axel s'arrêta alors devant moi, son regard planté dans le mien. Nous savions tous les deux ce que ce retour inattendu signifiait. Celui qu'il avait appelé « son frère » était en réalité notre frère ; et non de sang, mais de c½ur.
___ Loris, Axel et moi étions nés à quelques jours d'intervalle, dans la même clinique, à Cannes. Nos mère ayant immédiatement sympathisé, nous avons passé pratiquement toute notre vie liés comme les doigts de la main. Chacun d'entre nous faisait partie intégrante des deux autres, nos relations étaient fusionnelles. Et puis, il y a trois ans, Loris partit en mission humanitaire en Afrique, sur un coup de tête. Son départ nous affligea profondément, d'autant que depuis ce jour, il ne donnait plus de nouvelles. Et voilà qu'il réapparaissait enfin dans nos vies, c'était tellement inattendu !
___ Son coup de téléphone avait été bref, mais rien que le son de sa voix avait suffit à faire naitre en moi une douce vague de chaleur, le soulagement détendait tous mes muscles. Comme si l'on offrait la vue à un aveugle, on allait me rendre l'un des êtres auxquels je tenais le plus au monde. Et à partir de cet instant, chaque minute qui s'égrenait dans la course infinie du temps était pour moi une minute de plus qui me rapprochait de l'instant où je pourrais à nouveau serrer Loris contre moi.

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# Posté le samedi 28 mars 2009 14:04

Modifié le jeudi 20 août 2009 08:30